Issue du concours complémentaire 2011, cette magistrate stagiaire est actuellement en formation au TGI de Carcassonne
Une seconde vie professionnelle. Ingénieure pendant près de 20 ans chez EDF-GDF, puis au sein de GRDF, Anne Gaullier cultivait une forte attirance pour la magistrature depuis le lycée. Au passage de la quarantaine, « l’envie d’une seconde vie professionnelle » la pousse à interrompre sa carrière scientifique et technique pour tenter d’intégrer l’ENM. Un congé de formation de trois ans lui permet d’amorcer son virage professionnel : « je me suis inscrite à l’université dans le but de passer une licence en Droit. Mon projet était de tenter de devenir magistrate et de passer le 3ème concours. Mais quand le concours complémentaire s’est ouvert en 2011, j’ai saisi ma chance et je l’ai eu ! » Avec le recul, Anne Gaullier décrit ce moment comme « assez irréel, compte-tenu de la sélectivité du concours ». Principale difficulté : « l’entretien avec le jury dans le cadre du grand oral, dont nous ne connaissions pas le contenu... D'où une grande surprise le jour J ! » Réussir le concours a ainsi été un grand soulagement : « si mon projet de reconversion n’avait pas abouti, je serais retournée travailler dans mon entreprise… Mais ce serait resté une grande frustration. »
Premières impressions de stage. Actuellement en stage au TGI de Carcassonne, Anne Gaullier a déjà identifié quelques similitudes entre la profession d’ingénieure et celle de magistrat : « L’environnement opérationnel notamment, qui implique de traiter en temps réel des dossiers et une prise de décision rapide ». Forte de son expérience antérieure, la magistrate stagiaire a pu s’appuyer sur des compétences déjà acquises : « la prise de parole en public, la conduite d'entretiens contradictoires et les négociations, notamment dans le cadre des audiences CRPC », énumère-t-elle. « Sous le tutorat des magistrats en fonction et dans une logique d’apprentissage professionnel », Anne Gaullier aborde ce stage probatoire « dans un but de prise d'autonomie progressive mais la plus rapide possible.»
La Section Langues et civilisations de l’ENM propose une formation inédite aux magistrats français, du 13 au 17 mai prochains à Paris. Intitulée « The fabric of American and English justice » ou « Comprendre la justice anglaise et américaine », cette session conduite exclusivement en langue anglaise met en parallèle le système judiciaire français avec celui de ses voisins d’outre-Manche et d’outre-Atlantique. Organisée dans le cadre de la formation continue nationale et des pratiques professionnelles comparées, elle est animée par des professionnels exerçant ou ayant exercé les fonctions d’avocat, juge ou procureur en Angleterre ou aux Etats-Unis. Ce stage, qui mise sur l’interactivité et requiert un très bon niveau d’anglais, est suivi par 24 magistrats français.
Une approche comparée des systèmes judiciaires internationaux. Les 32 auditeurs de justice de la promotion 2011 ayant effectué un stage à l’étranger du 11 au 29 mars derniers ont partagé leur expérience avec leurs collègues le 18 avril dernier, dans le grand amphithéâtre. Le directeur de l'École nationale de la magistrature a présidé cette séance de restitution en présence des magistrats de liaison en poste au Maroc et en Algérie, ainsi que de Patrice Davost, procureur général honoraire et ancien directeur des services judiciaires.
Le directeur de l’ENM, accompagné notamment de Didier BOCCON-GIBOD, premier avocat général près la Cour de cassation, de Jean-Luc QUINIO, avocat général à Rennes et ancien magistrat de liaison en Chine, de Bertrand LECLERC, procureur de la République à Brest et Stefano MOGINI, magistrat italien, s’est rendu du 22 au 26 avril à Pékin dans le cadre des étroits liens de coopération qui unissent l’Ecole nationale de la magistrature (ENM) à l’Ecole nationale des procureurs de Chine (ENPC). Les trois objectifs de la mission ont été atteints et même présentés au Président de la République Française à l’occasion de son voyage d’Etat en Chine .
Existe-t-il un décalage entre la réalité perçue par les acteurs du monde judiciaire et celle montrée par les journalistes ? Cette question est au cœur de la projection-débat programmée le 30 avril dans le cadre de la préparation aux premières fonctions des auditeurs de justice de la promotion 2011.