Issue du concours complémentaire 2011, cette magistrate stagiaire est actuellement en formation au TGI de Charleville-Mézières.
Majoritaires parmi les candidats au concours complémentaire, les anciens avocats représentent 42% des 28 admis de l’année 2011. Véronique Proix a notamment exercé pendant 14 ans au barreau de Paris dans le domaine du contentieux au sein d’un cabinet généraliste, puis dans un cabinet anglo-saxon spécialisé en droit aérien.
Avocate, mais magistrate dans l’âme. Arrivée à un niveau professionnel assez élevé, Véronique Proix décide pourtant de « tout lâcher » pour tenter le concours complémentaire. « J’ai toujours hésité entre le métier d’avocat et celui de magistrat. Comme j’avais réussi le CFPA du premier coup, je n’avais pas tenté le premier concours de l’ENM, mais cette envie est restée en sourdine. J’ai beaucoup aimé le métier d’avocat, qui offre selon moi une excellente ouverture avant d’intégrer la magistrature, mais à 40 ans, j’avais le sentiment d’avoir fait le tour de la question. » Un autre facteur a beaucoup pesé sur sa décision : « Quand on travaille pour un gros cabinet, l’aspect économique et commercial devient trop prégnant. Je me sentais en contradiction avec mes aspirations, qui me poussaient à vouloir servir quelque chose de plus important que l’intérêt particulier. Servir la société correspond davantage à mon idéal humaniste et à mon exigence personnelle. » Dernier élément ayant déterminé son choix de reconversion : « la diversité des fonctions de magistrat et la possibilité de changer au fil du temps ».
Une préparation de concours « épique ». Avec ses journées « de 14 heures », Véronique Proix avoue avoir préparé le concours « complètement à l’arrache ! » « Cela a été très épique… J’ai eu connaissance du concours par une amie, je me suis inscrite en quatrième vitesse et fin août, je me suis mise à lire des manuels pendant une semaine, tout en travaillant à côté. J’étais à peu près au point en civil, mais moins aguerrie en pénal… A mon grand soulagement, je savais encore rédiger une note de synthèse, alors que je n’avais plus pratiqué depuis 15 ans ! Et pour ce qui est du grand oral, je crois qu’il est impossible de le préparer. Je ne m’attendais pas du tout à être admissible… » Et pourtant, elle fera partie des heureux élus.
Un grand saut dans le vide. Le statut de magistrat stagiaire implique une remise en cause personnelle totale : « Quand on abandonne une profession libérale, c’est un peu de la haute voltige. On n’a pas de roue de secours », admet Véronique Proix. « Personnellement, j’ai quitté mon cabinet le 30 décembre à 21 heures, après avoir bouclé tous mes dossiers et j’ai commencé la préparation à l’ENM le 3 janvier. » A présent en stage au TGI de Charleville-Mézières, l’ancienne avocate ne regrette rien : « on a l’impression de repartir à zéro, mais je n’en fais pas une histoire d’égo. Cela fait partie d’une évolution et puis le temps de formation est court », relativise-t-elle.
Un investissement total dans le stage. Si elle reconnaît que le caractère probatoire du stage « n’est pas très confortable », Véronique Proix privilégie l’investissement. « Je vis au jour le jour et j’essaye de prendre le meilleur de ce qu’on me donne. Je n’ai pas trop le temps de me poser de questions », avoue-t-elle. « Il faut une bonne capacité d’adaptation et sur ce point, mon expérience d’avocate m’a beaucoup aidée. Mais je me sens plus à ma place dans la peau de magistrate. »
La Section Langues et civilisations de l’ENM propose une formation inédite aux magistrats français, du 13 au 17 mai prochains à Paris. Intitulée « The fabric of American and English justice » ou « Comprendre la justice anglaise et américaine », cette session conduite exclusivement en langue anglaise met en parallèle le système judiciaire français avec celui de ses voisins d’outre-Manche et d’outre-Atlantique. Organisée dans le cadre de la formation continue nationale et des pratiques professionnelles comparées, elle est animée par des professionnels exerçant ou ayant exercé les fonctions d’avocat, juge ou procureur en Angleterre ou aux Etats-Unis. Ce stage, qui mise sur l’interactivité et requiert un très bon niveau d’anglais, est suivi par 24 magistrats français.
Une approche comparée des systèmes judiciaires internationaux. Les 32 auditeurs de justice de la promotion 2011 ayant effectué un stage à l’étranger du 11 au 29 mars derniers ont partagé leur expérience avec leurs collègues le 18 avril dernier, dans le grand amphithéâtre. Le directeur de l'École nationale de la magistrature a présidé cette séance de restitution en présence des magistrats de liaison en poste au Maroc et en Algérie, ainsi que de Patrice Davost, procureur général honoraire et ancien directeur des services judiciaires.
Le directeur de l’ENM, accompagné notamment de Didier BOCCON-GIBOD, premier avocat général près la Cour de cassation, de Jean-Luc QUINIO, avocat général à Rennes et ancien magistrat de liaison en Chine, de Bertrand LECLERC, procureur de la République à Brest et Stefano MOGINI, magistrat italien, s’est rendu du 22 au 26 avril à Pékin dans le cadre des étroits liens de coopération qui unissent l’Ecole nationale de la magistrature (ENM) à l’Ecole nationale des procureurs de Chine (ENPC). Les trois objectifs de la mission ont été atteints et même présentés au Président de la République Française à l’occasion de son voyage d’Etat en Chine .
Existe-t-il un décalage entre la réalité perçue par les acteurs du monde judiciaire et celle montrée par les journalistes ? Cette question est au cœur de la projection-débat programmée le 30 avril dans le cadre de la préparation aux premières fonctions des auditeurs de justice de la promotion 2011.