Dix-sept équipes, treize nationalités et cinq jours d’épreuves. Les instituts de formation judiciaire européens se sont affrontés la semaine dernière, à Erfurt (Allemagne), lors de la demi-finale A du concours Thémis. Avec à la clé une belle performance pour l’ENM : deux équipes de trois auditeurs de justice de la promotion 2012 se sont qualifiées pour la finale, qui se tiendra à l’ENM Paris fin octobre. Grand vainqueur de l’édition 2011, la France se doit en effet d’accueillir l’événement. Entre-temps, la demi-finale B aura lieu fin juin, à Bucarest (Roumanie).
Favoriser le partage des savoirs
Organisé depuis 2006 par le Réseau européen de formation judiciaire (REFJ), le concours Thémis vise à encourager l’excellence et le partage des savoirs en faisant s’affronter des équipes de toute l’Europe. Le concours se déroule en deux phases : des demi-finales (A et B), pouvant accueillir un maximum de 17 équipes, suivies d’une grande finale.
Cinq jours d’épreuves
Les forces en présence ont le choix entre deux domaines : Ethique et déontologie d’une part, Coopération internationale en matière pénale d’autre part. Une fois ce choix effectué, les équipes doivent rédiger un mémoire de 20 pages, sur un thème de leur choix, qu’elles auront à présenter à l’oral et en Anglais. Un jeu de questions-réponses entre équipes est organisé dans la foulée, puis un échange d’une heure avec le jury. A l’issue de ces demi-finales, qui s’étalent sur cinq jours, une grande finale réunit les deux premiers des deux poules. Et que le meilleur gagne !
La France remporte la demi-finale B
« Cinq équipes de l’ENM ont disputé la demi-finale à Erfurt : trois qui concouraient dans le domaine de l’Ethique et déontologie, en compétition avec cinq autres pays (Belgique, Danemark, Allemagne, Italie et Pays-Bas) et deux dans le domaine de la Coopération internationale en matière pénale, face à sept autres nations (Bulgarie, Croatie, Hongrie, Pologne, Roumanie, Espagne et Turquie) », explique Gilles Bourdier, animateur du pôle Dimension internationale de la justice à l’ENM.
Lors de cette rencontre, la France s’est une nouvelle fois illustrée en remportant la demi-finale B avec une équipe composée de Quentin Siegrist, Alice Bonatti et Marine Delanoe, dont le sujet portait sur la demande d’enquête européenne (European Investigation Order). L’Espagne s’est classée seconde dans cette catégorie.
Et si les Pays-Bas ont remporté la demi-finale A, l’une des équipes françaises, composée de Julien Goldszlagier, Florence Lardet et Hugues Julié, s’est classée deuxième, se qualifiant ainsi pour la finale. Sa présentation portait sur le juge et Internet.
Une préparation linguistique en amont
« Il est à souligner que toutes les équipes ont abordé le concours dans un très bon esprit, et en s’étant très bien préparées. Par ailleurs, elles ont montré de notre pays un visage avenant et soucieux d’aller à la rencontre des autres », relève Gilles Bourdier, ayant assuré l’accompagnement des auditeurs à Erfurt. Egalement membre de la délégation française, Sami Ben Hadj Yahia, coordonnateur de formation à l’ENM, a tenu à saluer « le professionnalisme » des élèves français, qui ont développé à travers cette expérience de nombreuses capacités : « sens de l’analyse, de la synthèse, de l’humilité, de l’adaptation à un environnement nouveau, du travail en équipe et de la prise en parole en public. » La préparation linguistique, assurée par Amanda Gedge-Wallace, coordinatrice des enseignements de langues à l’ENM, a largement contribué à la performance des équipes françaises. Outre la correction de leurs travaux écrits, l’enseignante a offert une aide personnalisée à chaque auditeur, parfois même des séances de coaching téléphonique, en vue de leur prestation orale en langue anglaise.