Comme chaque année au printemps, un séminaire de formation destiné aux formateurs étrangers est organisé par le département international de l'ENM. Elle s'adresse aux responsables, cadres et enseignants d'instituts d'études judiciaires étrangers. Cette année, neuf participants ont répondu présents, originaires d'Algérie, du Brésil, d'Italie et du Sénégal. D’une durée de deux semaines, cette session a débuté à Paris (21-25 mai) et s’est poursuivie à Bordeaux (29 mai-1er juin).
Perfectionner l’ingénierie pédagogique
Objectifs de cette formation : permettre aux formateurs étrangers de concevoir et de mettre en œuvre des contenus pédagogiques, de coordonner différents enseignements, d'animer des stages ou encore d'évaluer les résultats. Dans cette perspective, le groupe alterne conférences théoriques, études de cas pratiques, échanges d'expériences, ateliers...
« Les formateurs étrangers viennent perfectionner leurs méthodes d’ingénierie pédagogique, par le biais d’échanges pratiques qui reposent sur la comparaison des systèmes. Nous leur expliquons comment nous procédons, à l’ENM, pour monter un programme, construire un emploi du temps. Nous leur présentons également nos différents formats d’enseignement que sont les cours en amphi, les directions d’études en groupes restreints, les simulations d’audience, etc. », précise Philippe Vigier, sous-directeur des études à l’ENM. « A partir de ces échanges, les formateurs étrangers peuvent identifier ce qui est transposable dans leur propre pays. »
Cette session permet ainsi de contribuer au rayonnement de l’ENM et à la diffusion du modèle judiciaire français dans le monde.
De riches échanges d’expériences
Gabriella Muscolo, magistrate italienne, a suivi cette session de formation en qualité de responsable de la formation continue de la cour d’appel de Rome. Elle indique être « particulièrement intéressée par l’échange d’expériences avec la France, car le CSM italien et l’ENM ont signé un jumelage pour la formation des juges franco-italiens. L’échange avec les collègues formateurs des autres pays du monde est également très enrichissant. » Bénéficier de l’expérience française constitue par ailleurs une réelle opportunité pour cette magistrate-formatrice, qui rappelle qu’une Ecole supérieure de la magistrature unique vient d’être créée en Italie, à Florence, dont l’ouverture est prévue dans les prochains mois. Elle tient enfin à souligner « la très grande disponibilité » dont a fait preuve l’ENM envers elle.
Madiéna Bakhoum Diallo, nouveau directeur adjoint du Centre de Formation Judiciaire à Dakar, a également bénéficié de cette session. « En tant que directeur adjoint, je dois notamment assister le directeur dans l’élaboration des programmes pédagogiques. Cette formation va me permettre de me perfectionner sur ce point », se réjouit-il. Créé en 1995, le Centre de formation judiciaire du Sénégal entretient depuis l’origine des liens très étroits avec l’ENM. Transposer les apports de ce stage à Dakar devrait ainsi se faire de manière assez naturelle, puisque l’ENM a collaboré dès le départ à la création de ce centre de formation judiciaire.